Le goût du tissu
Elles
sont assises l’une à côté de l’autre à la table ronde, comme presque chaque
jour. La poétesse surréaliste et son amie qui ne sait plus rien mais n’arrête
pas de rire. La main de l’une se promène le long des plis de la jupe de l’autre
et les caresse sans y penser, en n’y prenant pas garde. L’oubli de l’âge ramène
à la surface les gestes de l’enfance. Toucher le tissu pour le plaisir de la
sensation, frotter toujours le même endroit de son doudou, se prendre les
doigts dans le pull de maman.